De là où je viens, quand quelqu’un promet quelque chose qu’il ne peut pas donner, on dit qu’il fait une promesse de gascon.
Vous connaissez tous certainement l’œuvre d’Alexandre Dumas, « Les trois mousquetaires ». D’Artagnan et ses trois amis Athos, Porthos et Aramis, tous gascons, assurent le service du roi avec beaucoup de bravoure. Ils ont vraiment du courage mais aussi, il faut le dire, une forte tendance à la fanfaronnade et aux exagérations. Ils en promettent toujours plus que ce qu’ils peuvent donner et le merveilleux des récits de leurs batailles dépasse de loin la réalité de leurs actions.
Promesse de gascons…
Ça me fait pas plaisir de le dire, mais c’est la vérité, Jésus n’était pas gascon.
Et pourtant si on regarde bien, il ressemble y ressemble beaucoup. Cet homme né à Bethléem dans la plus grande pauvreté un 25 décembre autour de l’an zéro, fils d’un charpentier a la prétention d’avoir été conçu par opération de l’Esprit Saint et d’être né d’une vierge. Il se dit être le fils de Dieu fait homme, le messie que le peuple d’Israël attend depuis des siècles et que toutes les Écritures Saintes désignent comme le sauveur du monde.
Cependant, à la différence des gascons, Jésus dit vrai. Il n’exagère pas qui il est et même, il a plutôt tendance à le cacher. Le fils de Dieu né dans une crèche à l’abri des regards des puissants de ce monde. Il guérit les malades et chasse les démons et demande aux témoins de ne rien dire de ce qu’ils ont vu. Jésus n’est pas impétueux et fanfaron comme un gascon, mais doux et humble de cœur.
A la différence des gascons aussi, Jésus donne toujours ce qu’il promet. Il est fidèle à ses paroles. Et il ne nous promet rien de moins que la vie éternelle et le repos pour notre âme.
Les gascons n’ont pas besoin qu’on les croie pour raconter leurs histoires. Et même, tout le monde sait plus ou moins que la vraie histoire est moins incroyable que ça. Mais on écoute pour le plaisir d’écouter. On y croit pour l’espoir que ça donne.
Rien de tel avec Jésus. Si l’on veut recevoir ce qu’il nous promet, il faut que nous croyions en lui. Certains abordent la fête de Noël qui approche comme un beau conte pour enfants. Ils aiment cette ambiance qui s’installe en fin d’année. Que ce soit la neige et les pères noël sous d’autres latitudes, ou bien les litchis et les flamboyants par ici. Nous aimons chanter les vieux cantiques qui nous rappellent notre enfance. On aime regarder une belle crèche et réentendre l’histoire d’un petit enfant qui sourit entre un âne et un bœuf qui soufflent sur lui pour le garder en vie dans le froid glacial.
C’est beau, mais ce n’est pas suffisant pour entrer dans la promesse de Noël. Jusque-là on écoute Jésus comme on écoute un gascon qui raconte de belles histoires et fait des promesses en l’air.
Ce que veut dire la fête de Noël pour nous chrétiens c’est le renouvellement de notre foi en l’incarnation du Fils de Dieu, c’est l’accomplissement de la promesse de notre salut grâce à ce petit enfant dans la crèche.
Dieu se fait homme. Il est vraiment Dieu et il se fait vraiment homme. C’est-à-dire que nous pouvons désormais prendre Dieu dans nos bras puisqu’il se laisse faire.
Mais combien d’hommes n’y ont pas cru et ne se sont pas déplacés à la crèche ! Combien d’hommes ont répondu à Marie et à Joseph qu’il n’y avait plus de place dans leur auberge ! Et nous faisons pareil. Nous écoutons une belle histoire mais nous ne prenons pas la peine de nous déplacer ou de faire de la place pour accueillir ce Dieu qui nous rejoint dans notre petitesse mais qui ne s’impose jamais à nous.
La belle histoire de noël ne sert à rien si on ne fait pas de la place à Dieu. La belle histoire de noël est promesse de gascons pour les gascons qui écoutent sans y croire.
Mais pour nous qui croyons, pour nous qui nous approchons et acceptons de changer notre emploi du temps nous recevons le salut, la vie éternelle.
Je vous propose de faire cette prière qui est la prière de tout l’Ancien Testament, qui est la prière l’avent. De faire cette prière avec foi et avec la volonté qu’elle transforme nos vies pour de vrai : « Viens Seigneur Jésus ».